FINIS _


NEXTEX und TMP präsentieren:


FINIS – ein Videoparcours mit Arbeiten von Schweizer Künstlerinnen und Künstlern in Pfyn TG

mit:
Domenico Billari, Samuel Dématraz, Gerber/Bardill, Catherine
Gfeller, Edith Hänggi, Tom Karrer, Katherine Oggier, Ursula
Palla, Susanna Perin, Sara Rohner, Guadalupe Ruiz, Anna
Katharina Scheidegger, Ernst Thoma, Olga Titus, Benjamin Valenza, 
Ana Göldin


 

13. – 29.5.2011
Mo-Sa 14 - 18 Uhr
Vernissage:
13.5. und 14.5. 2011
jeweils 17 - 22 Uhr
Start: Trotte Pfyn

object if _


Une touche de DIGITALES_ from mnnsk on Vimeo.

object if_ a été créé pour les digitales 09 et sélectionnée à videoex 10 pour la compétition helvète///

Ist es schmelzendes Eis oder sind es Regentropfenperlen, und was hat Richard Serras Eisenplastik «Intersection» auf dem Basler Theaterplatz damit zu tun? Gekonnt kehrt, verdreht, entlehnt, fokussiert und entfremdet Anick Vuille a.k.a. Nancy Babich a.k.a. Ana Göldin zusammen mit ihrem musikalischen Alter Ego mnNsk im Kollektiv deadfish alter-nativ und hinterlässt ein Gefühl von: «Das sollte ich doch erkennen.» Der Sound treibt dieses Suchen nach zuweisendem Sinn an und unterstützt dabei das Scheitern der Betrachterin, des Betrachters bei der Entschlüsselung dieser Bild- und Toncollage. (eb)

_ atmosphère
c’est compliqué de mettre de l’ordre _
parce que j’aime le désordre, le chaos primitif, le tohu-bohu universel, la vibration qui hante _
jusqu’au paroxysme sonore absolu _
la répétition comme la marque de notre époque _
du déséquilibre constant, où pourtant tout reste unique _
induit lors d’expérience _
comme de marcher dans une sculpture contemporaine _
hic et nunc _ suis-je ivre ?

ana göldin

öchsnerfabrik _

«Tu ne seras construit que quand tu seras en ruine»: affectionné par l’artiste, ce proverbe soufi est une jolie synthèse de la pratique artistique d’Ana Göldin et en souligne les priorités et les contradictions.
Le principe du collage, sous toutes ses formes, est au cœur de l’œuvre d’Ana. Collage de photos découpées dans des magazines puis amalgamés, remixées pour évoquer une réalité mutante et subversive. Collage de petits morceaux de films, saisis et assemblés dans l’instant par un téléphone portable, semblables à des bouts de phrases griffonnés dans un bloc-notes. Collage de mots, d’influences, de citations qui sont empruntés, détournés, voire même parfois méchamment massacrés au gré de poèmes organiques et ironiques. Collage d’inspirations aussi, les créations d’Ana s’entrelaçant dans la musique composée par mnNsk, son alter ego du collectif deadfish alter-nativ.
Du collage on verse parfois dans le décollage. A travers ses œuvres, Ana Göldin ambitionne de te faire quitter la terre ferme, de t’apprendre à voler avec tes oreilles et à écouter avec tes yeux. La demoiselle donne occasionnellement dans la «démultiplication de temporalités hétéroclites totalement désynchronisées», voire même dans les «nébulosités spatio-temporelles, agrégats de singularités foudroyantes». Non, ne cherche pas, il n’y a pas de mode d’emploi. Pas assez souples pour ce genre de voltige, certains se contenteront de bailler avec la bouche ou de hausser les épaules: pas grave, le crash fait aussi partie de la démarche de l’artiste. Et tant pis s’il y a de la casse ou si une partie du public s’égare en chemin.
La cohérence de l’œuvre naît aussi des motifs qui la rythment: lampes néons, slogans et citations en morceaux, objets technologiques, couvertures de livres en pagaille, images pop ou commerciales délicieusement désuètes qui poussent au sarcasme ou à la méditation, nappes synthétiques et percussions binaires, bricolage et répétition. Une grammaire qui te paraît immédiatement familière, puisque c’est celle de ton quotidien.
«Cohérence», cela dit, c’est un terme beaucoup trop convenable. Ana Göldin (qui ne s’appelle pas vraiment Ana Göldin), préfère l’impertinence. L’univers est son carré de sable, elle peut y construire des châteaux somptueux, mais si elle veut, elle casse tout et elle te file un coup de râteau en prime. Si tu as envie d’entrer dans sa tête, il faut accepter de jouer, et dès que tu penseras avoir compris ses règles, elle les auras peut-être réécrites. Oui, parfois, ça énerve.
Dans son travail, Ana Göldin te confronte aux fragments d’un monde mélancolique, brisé de partout, mécanique et oppressant, et te met au défi d’y mêler ta fantaisie et ton affection. Cette époque et ses aventures mercantiles et technologiques ont eu beau se solder par de cuisants échecs, l’artiste t’y fait découvrir des lieux de rêverie infime dans lesquels elle te fait circuler au gré de ses pérégrinations et de son intuition. Tu peux t’y sentir seul ou éclater de rire (mais n’est-ce pas la même chose ?)
_julien hirt

„Du wirst erst dann fertig erstellt sein, wenn du auseinander brichst.“

Dieses von der Künstlerin geschätzte Sufi-Sprichwort ist eine hübsche Synthese von Ana Göldins künstlerischer Tätigkeit und unterstreicht deren Prioritäten und Widersprüche.

Das Prinzip der Collage, in all ihren Formen, steht im Zentrum des Schaffens von Ana. Collagen aus Fotos, aus Zeitschriften ausgeschnitten, dann vermengt und neu gemischt, lassen eine mutierte, subversiv vorhandene Realität hervortreten. Collagen aus kurzen Film-Sequenzen, in einem Augenblick eingefangen und zusammengefügt  auf einem Mobiltelefon, wie kleine, in ein Notizbuch gekritzelte Satzfragmente. Collagen aus Wörtern, Einflüssen, Zitaten, welche entliehen, entführt, manchmal sogar bösartig massakriert werden zu organischer und ironischer Poesie. Collagen der Inspirationen auch, diese Schöpfungen von Ana, die sich verflechten mit der Musik von mnNsk, ihrem Alter Ego im „collectif deadfish alter-nativ“.

Vom Anhaften gerät man manchmal ins Abheben. Mittels ihrer Werke will Ana Göldin dich vom sicheren Boden lösen, dich lehren mit deinen Ohren zu fliegen und mit deinen Augen zu hören. Die junge Dame hat gelegentlich eine Vorliebe für die „Demultiplikation von heterokliten, total desynchronisierten Zeitlichkeiten“, oder gar „raum-zeitlichen Nebulositäten, Anhäufungen verblüffender Einzigartigkeiten“. Nein, such nicht, es gibt keine Gebrauchsanweisung. Nicht wendig genug für diese Art von Akrobatik, werden sich einige damit begnügen, ihren Mund zu einem Gähnen zu öffnen oder die Schultern hochzuziehen, was weiter nicht schlimm ist: Auch der Absturz ist Teil des Unterfangens der Künstlerin. Und wenn es dabei Scherben gibt oder ein Teil des Publikums sich unterwegs verläuft – Pech gehabt, tant pis.

Die Kohärenz des Werks entsteht auch aus den Motiven, die es rhythmisieren: Neonlampen, Slogans und zerstückelte Zitate, technologische Objekte, Haufen von Buchumschlägen, köstlich überholte Bilder aus Pop und Kommerz, die so zu Sarkasmus oder Meditation anregen, synthetische  Klangteppiche und binäre Schlaginstrumente, Werkeln und Wiederholung. Eine Grammatik, die dir augenblicklich bekannt vorkommt, ist es doch die deines Alltags.

„Kohärenz“, sagt uns dies, ist ein viel zu anständiger Begriff. Ana Göldin (die nicht wirklich Ana Göldin heisst) zieht die Unverschämtheit vor. Das Universum ist ihr Sandkasten, dort kann sie prächtige Schlösser bauen, aber, wenn ihr danach ist, auch alles zerschlagen und dir als Zugabe noch einen Schlag mit dem Rechen geben. Falls du Lust hast, in ihren Kopf einzutreten, musst du bereit sein zum Spielen, und wenn du meinst, ihre Spielregeln begriffen zu haben, hat sie diese vielleicht bereits umgeschrieben. Ja, das kann manchmal nerven.

In ihrer Arbeit konfrontiert dich Ana Göldin mit den Fragmenten einer melancholischen Welt, von überall her zerbrochen, mechanisch und unterdrückend, und stellt dich vor die Herausforderung, deine Fantasie und deine Zuneigung beizugeben. Mögen diese Epoche und ihre merkantilen und technologischen Abenteuer auch schmählich gescheitert sein, die Künstlerin lässt dich darin Orte für winzige Träumereien entdecken, in welchen sie dich mit ihren Ausflügen und Eingebungen zirkulieren lässt. Du kannst dich darin allein fühlen oder dich vor Lachen schütteln (aber ist das nicht eh das Gleiche?).

51 idées pour avoir des idées///

Imagine que tu te rases les cils. Taille les crayons d’un ami. Joue avec un enfant ou avec un chien. Passe soixante secondes sans penser au sexe. Retire tes chaussures ou enfile des gants. Invente un mot de passe pour te connecter à la réalité. Construis un avion en papier. Mets-toi à plat ventre et prie. Dessine le portrait d’un passant. Salis un objet précieux. Parle beaucoup trop lentement. Viole une loi ou un commandement. Prétends que l’univers est une serrure. Fais plus de bruit que raisonnable. Change la couleur de quelque chose. Mets-toi en colère. Pense à trois mots qui riment. Ferme les yeux et fonce contre un mur. Parle comme Tintin. Fais quelque chose qui diminue temporairement ton niveau de solitude. Baille. Réalise que ton esprit peut contenir tous les dieux et tous les démons. Mets de l’ordre dans ton porte-monnaie. Ecoute attentivement le timbre de ta propre voix. Offre un livre à un inconnu. Tousse comme si tu étais malade. Ecris ton nom de ta main la moins habile. Souviens-toi de la voix de quelqu’un qui est mort. Sors et cours. Prend une photo de ta poignée de porte. Pense à l’océan en entier et à tout ce qu’il contient. Pince une partie de ton corps que tu n’as jamais pincée. Sois un loup. Fais semblant d’être heureux. Invente-toi un sixième sens. Rappelle-toi un endroit auquel tu n’as plus pensé depuis des années. Prends une douche pendant dix-sept secondes. Mets un objet dans ta bouche et récite un proverbe. Associe une couleur à chaque chiffre de 0 à 9. Déplie quelque chose qui est plié. Ecoute une chanson que tu détestes. Jeûne. Prononce un mensonge à haute voix. Touche quelque chose d’inattendu avec tes pieds nus. Visualise l’endroit où tu te trouves avec les yeux d’une fourmi. Pense à quelque chose qui pourrait te faire pleurer. Mouille tes mains. Demande-toi comment ont été fabriqués les objets qui t’entourent. Joue aux échecs contre toi-même. Identifie chaque source de bruit autour de toi. Agis comme si tu étais sur une île.

_julien hirt

51 Ideen, um Ideen zu haben///

Stell dir vor, du rasierst dir die Wimpern. Spitz die Bleistifte eines Freundes. Spiel mit einem Kind oder mit einem Hund. Verbring 60 Sekunden ohne an Sex zu denken. Zieh deine Schuhe aus, oder streif Handschuhe über. Erfinde ein Passwort, um dich mit der Wirklichkeit zu verbinden. Bastle ein Papierflugzeug. Leg dich auf den Bauch und bete. Beschmutz einen Wertgegenstand. Sprich viel zu langsam. Verletz ein Gesetz oder eine Vorschrift. Tu dergleichen, das Universum sei ein Schlüsselloch. Mach mehr Lärm als vernünftig ist. Ändere die Farbe von etwas. Werde zornig. Denk an 3 Wörter, die sich reimen. Schliess die Augen und pralle gegen eine Wand. Sprich wie Tintin. Mach irgendwas, das vorübergehend deine Einsamkeit mindert. Gähne! Merke, dass dein Geist alle Gottheiten und alle Dämonen enthalten kann. Räum dein Portemonnaie auf. Lausch aufmerksam dem Timbre deiner eigenen Stimme. Biete einer unbekannten Person ein Buch an. Huste, wie wenn du krank wärst. Schreib deinen Namen mit deiner weniger geschickten Hand. Ruf dir die Stimme von jemand Verstorbenem in Erinnerung. Geh raus und renn los. Fotografier deinen Türknauf. Denk an den gesamten Ozean und alles, was er enthält. Kneif einen Teil deines Körpers, in den du noch nie gekniffen hast. Sei ein Wolf. Tu dergleichen, du seist glücklich. Erfinde einen sechsten Sinn für dich. Denk zurück an einen Ort, an den du seit Jahren nicht mehr gedacht hast. Nimm eine Dusche während 17 Sekunden. Nimm einen Gegenstand in deinen Mund und rezitier so ein Gedicht. Ordne jeder Zahl von 0 bis 9 eine Farbe zu. Entfalte das Gefaltete. Hör dir ein Lied an, das du verabscheust. Faste. Sprich eine Lüge laut aus. Berühr etwas Unerwartetes mit nackten Füssen. Stell dir den Ort, wo du dich grad befindest, durch die Augen einer Ameise gesehen vor. Denk an etwas, das dich zum Weinen bringen könnte. Mach deine Hände nass. Überleg dir, wie die Dinge um dich herum hergestellt worden sind. Spiel Schach gegen dich selbst. Identifizier jede Lärmquelle um dich herum. Handle so, wie wenn du auf einer Insel wärst.

Fifty One Ideas To Get Ideas///

Imagine that you’re shaving off your eyelashes. Sharpen one of your friends’ pencils. Play with a child or a dog. Spend sixty seconds without thinking about sex. Put off your shoes or put gloves on. Come up with a password to log on to reality. Build a paper plane. Lie face down and pray. Draw a passerby’s portrait. Spoil a valuable object. Speak much too slowly. Break a law or commandment. Act like the universe is a lock. Make more noise than necessary. Change the color of something. Get angry. Think about three words that rhyme. Close your eyes and run against a wall. Talk like Tin-Tin. Do something that temporarily reduces your loneliness. Yawn. Realize that your mind can contain every god and every demon. Keep your wallet tidy. Listen carefully to the sound of your own voice. Give a stranger a book. Cough like you’re sick. Write your name with your non-dominant hand. Remember the voice of a dead person. Get out and run. Take a picture of your door handle. Think about the whole ocean and everything in it. Pinch a part of your body that you’ve never pinched before. Be a wolf. Pretend you’re happy. Imagine your sixth sense. Remember a place that you haven’t thought about for years. Take a shower for seventeen seconds. Put something in your mouth and quote a proverb. Associate a color to every number from 0 to 9. Unfold something folded. Listen to a song you hate. Fast. Tell a lie aloud. Touch something unexpected with your bare feet. See what’s around you through an ant’s eyes. Think about something that may make you cry. Wet your hands. Wonder how the objects around you were made. Play chess against yourself. Identify every noise around you. Act as if you were on an island.